bandeau site
“Chaque année, en France, 10 000 hectares sont dévastés par les campagnols terrestres”
Accueil > Compréhension des pullulations > Rôle de la prédation

Rôle de la prédation

Voir cette page au format pdf

Le campagnol terrestre fait partie d'un réseau complexe où chaque espèce est dépendante des autres. Comprendre l'écologie d'une espèce et ses fluctuations d'abondance oblige à tenir compte de l'ensemble de la communauté.

Les observations faites sur le rôle du milieu et notamment des éléments paysagers (rôle du paysage) sont fortement liées à l'intervention des prédateurs à travers le paysage. On distingue deux types de prédateurs dont l'influence sur les dynamiques de population de campagnol terrestre diffère :

  • Les prédateurs généralistes tels que le Renard, la Buse, la Fouine, etc. : ils sont inféodés à des milieux hétérogènes tels que les lisières de forêt, les haies et bosquets qui leur permettent de circuler et de chasser dans les milieux ouverts. Leur régime alimentaire est varié : ainsi lors d'une diminution des populations de campagnol, ils chassent d'autres proies. Ils présentent une réponse dite "fonctionnelle" importante et elle a un effet stabilisateur sur les effectifs de populations de campagnol, qui se maintiennent alors à des densités moyennes.
  • A l'opposé, les spécialistes : ils ont un régime spécialisé (le campagnol terrestre pour l'Hermine) et peuvent chasser effectivement leur proie de prédilection jusqu'au plus profond des terriers. Ils sont même capables d'amener leur proie localement à extinction. Cependant, dans l'incapacité de se nourrir durablement de proies alternatives, les populations d'hermines suivent alors le même chemin et s'éteignent à leur tour : c'est une réponse numérique différée qui a un effet plutôt déstabilisateur des populations de proie, dont les effectifs oscillent entre des valeurs très hautes et des valeurs très basses. Les prédateurs spécialistes sont responsables des cycles.

De l'équilibre des dizaines d'espèces de la communauté de prédateurs vers une dominance de "généralistes" ou une dominance de "spécialistes" dépend en partie le type de fluctuation des populations de campagnols.
D'autres facteurs de régulation comme les parasites interviennent. De plus, en forte densité, la diffusion des pathogènes opportunistes augmente dans les populations de campagnols. Les relations entre ces facteurs sont encore mal connues.

Pour maîtriser de façon intégrée les populations de campagnol terrestre, on peut combiner des méthodes qui rendent le milieu défavorable au campagnol (pâturage tournant, broyage des refus...) et des méthodes favorisant l'installation d'une communauté de prédateurs diversifiée (plantation de haies, conservation des bosquets, taillis et murets, implantation de perchoirs, pose de nichoirs pour les rapaces ou les petits mustélidés), qui assure alors un service global plutôt "généraliste".

Les haies apparaissent notamment comme un élément paysager d'importance, car elles constituent un abri et un corridor qui permet la circulation des prédateurs. Elle peut également être source de nourriture (baies...) alternative pour les généralistes et abrite les lieux de reproduction de la plupart des prédateurs du campagnol terrestre.

Pour en savoir plus :

 

 

Site Big Bang   Fleche   Actualités   ::  Contact  ::  Plan du site  ::  Mentions légales  ::  FAQ  ::  Partenaires   Fleche 2