bandeau site
“Chaque année, en France, 10 000 hectares sont dévastés par les campagnols terrestres”
Accueil > Expérimentation de lutte raisonnée / zones expérimentales > Zone expérimentale de Ceyssat-Olby... le travail du sol en prévention des pullulations

Zone expérimentale de Ceyssat-Olby... le travail du sol en prévention des pullulations

Voir cette page au format pdf

L'Enita Clermont, en relation avec les GDON des communes de Ceyssat et Olby, dans le Puy-de-Dôme, a souhaité tester l'effet du travail du sol, dans un contexte de succession prairie-prairie, sur les populations de campagnol terrestre. Cette expérimentation contribue à la recherche de méthodes alternatives préventives à combiner avec l'utilisation de la lutte directe à basse densité (bromadiolone ou piégeage). Financé par le Conseil Général du Puy-de-Dôme, un dispositif expérimental de renouvellement de prairie a donc été mis en place en 2004, sur cette zone ayant connu des pullulations régulières de campagnols terrestres.

Labour

 

 

 

 

Chaque année depuis 2004, grâce à l'implication collective d'agriculteurs de Ceyssat et Olby, entre 4 et 40 hectares de prairie ont été renouvelés avec travail du sol (labour ou autre technique permettant de travailler le sol à une profondeur suffisante pour atteindre les galeries de campagnol et de taupe (minimum 20-30 cm)). Sur la période 2004-2008, un total de 97 ha a été renouvelé, sur cette zone comportant 1700 ha de SAU.

 

 

 

Il s'agit d'une méthode préventive que l'on applique en phase de décroissance des populations ou à basse densité, sensée limiter les populations de campagnol et leurs déplacements sur le territoire. Il ne s'agit évidemment pas de transformer l'ensemble des prairies permanentes en prairies temporaires, mais on postule que réaliser une « rotation » de renouvellement de prairie sur certaines parcelles mécanisables permettra de protéger les prairies permanentes maintenues.

 

Le but de l'expérimentation était :

  • À l'échelle parcellaire, d'évaluer l'impact réel du renouvellement des prairies sur les densités de campagnol terrestre, en étudiant la vitesse de recolonisation par le campagnol et la taupe des prairies renouvelées, suite au travail du sol et son action de destruction des galeries.
  • À l'échelle du territoire, de maintenir les populations de campagnol à basse densité par la création d'un maillage de prairies labourées en rotation, qui freinerait les déplacements interparcellaires du campagnol.

Carte des prairiesAfin de tester ces hypothèses, l'Enita Clermont a assuré un suivi des populations de campagnol terrestre et de taupe, sur les parcelles travaillées et leurs parcelles adjacentes, à raison de 3 à 4 suivis par an, selon la méthode indiciaire appliquée le long d'une diagonale sur chaque parcelle, pendant l'année suivant le renouvellement (2 ans de suivi pour les prairies renouvelées en 2006).
Sur les 4 années de l'expérimentation, on a deux types d'itinéraire technique de renouvellement de la prairie : semis au printemps les deux premières années, puis implantation à l'automne en 2006 et 2007.

En 2004 et 2005, les suivis ont montré des pressions de campagnols plus faibles en moyenne sur les prairies renouvelées avec travail du sol que sur les parcelles adjacentes. De plus, les parcelles travaillées sont moins vite colonisées lors de la dispersion des campagnols. Lorsque les densités de populations de campagnol chutent, on observe un recoupement des niveaux de population entre prairies renouvelées et parcelles adjacentes.

A partir de 2006, les difficultés d'implantation des nouvelles prairies au printemps (« coups de chaud » précoces au printemps) ont conduit au choix d'un renouvellement en fin d'été. En montagne, il convient alors d'être vigilant sur la date de semis, qui ne doit pas être trop tardive.

En phase de densité croissante, l'effet du labour apparaît assez clairement à l'échelle parcellaire : les suivis réalisés pendant deux ans sur les prairies renouvelées en 2006 révèlent, lorsque les densités augmentent, un écart de niveau de population croissant (les niveaux de populations observés sur les parcelles re-semées restant en moyenne inférieurs à ceux des parcelles adjacentes).

Evolution des densités de campagnol sur les prairies renouvelées en 2006

En revanche, concernant les populations de taupe, l'effet est moins clair. Ceci est principalement dû au fait que les taupes, contrairement au campagnol terrestre qui est herbivore, peuvent réinvestir la parcelle labourée avant même la pousse de l'herbe. Le suivi des parcelles renouvelées en 2006 montre néanmoins un impact positif du labour dans la lutte contre la taupe.

En revanche, il est difficile d'évaluer scientifiquement l'intérêt d'un tel dispositif à l'échelle du territoire : même si la zone expérimentale de ceyssat-Olby n'a pas connu de réelle pullulation depuis la mise en place du dispositif, ce résultat est certainement dû à une conjonction de plusieurs facteurs, et ne peut pas être directement attribué au seul dispositif de renouvellement de prairie.

Site Big Bang   Fleche   Actualités   ::  Contact  ::  Plan du site  ::  Mentions légales  ::  FAQ  ::  Partenaires   Fleche 2